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Biothérapie

Question-Réponse

effets indesirables



Prévue pour une biothérapie anti-TNF alfa, j’ai pu lire que ce traitement faisait grossir et pire de risquer un cancer. Merci de votre attention

En effet, la prise de poids peut être l’un des effets indésirables de ce traitement. Une personne qui suit ce traitement doit aussi être vigilante. Vous devez réagir en cas d’une infection (fièvre, plaie, toux, brûlures urinaires, infection ORL…), en cas de contact avec des personnes infectées (varicelle, coqueluche,…). Si cela arrive il faut interrompre le traitement et consulter rapidement.
Dans la vie quotidienne, vous devez aussi surveiller : les soins des plaies, les soins de pédicurie, les gestes invasifs (détartrages dentaires, piercing,…), les voyages (eau, hammam, cures thermales,…) ; et consulter régulièrement le dermatologue (prévention des carcinomes cutanés) et pour les femmes le gynécologue (mammographie, frottis de dépistage).
En ce qui concerne les risques de cancer, le professeur Xavier Mariette du CHU Kremlin Bicêtre (Paris) explique : "Le TNF n'est pas seulement une cytokine pro-inflammatoire, il joue un rôle dans la lutte contre les infections. De plus, initialement découvert en cancérologie, le TNF - d'où le nom qui lui a été attribué ("tumor necrosis factor") - aide à détruire les cellules cancéreuses. En s'attaquant au TNF, on fragilise l'organisme face aux infections et on pourrait théoriquement accroître le risque de tumeur. Ces deux risques ont donc été très étudiés".
En prenant en compte la totalité des essais cliniques ou les données des registres des patients en Europe ou aux Etats-Unis, on observe que la fréquence des infections sévères (pneumonies, infections bactériennes…) est doublée entre les personnes traitées par anti-TNF et celles qui ne le sont pas. Ce risque se manifeste principalement dans les 6 premiers mois, alors que la polyarthrite est la plus active. "Si la polyarthrite est débutante le risque d'infection sévère est seulement de 2 % des patients par an ; si elle est ancienne, il est de 5 %. Détail important : tous les anti-TNF n'ont pas le même risque infectieux. Pour certaines infections, à commencer par la tuberculose, les anticorps monoclonaux ( Remicade®, Humira®) augmentent le risque mais pas le récepteur soluble ( Enbrel®). Explication probable : le récepteur soluble agit principalement sur le TNF circulant et peu sur le TNF membranaire (présent sur la cellule), alors que les anticorps monoclonaux agissent sur les deux" précise le Pr. Mariette
La prescription d'anti-TNF alpha nécessite un interrogatoire et un examen cliniques approfondis. Au-delà de l'examen clinique, des examens sont réalisés avant toute prescription : hémogramme, électrophorèse des protides sériques, transaminases, sérologie des hépatites ( Hépatite A, Hépatite B, Hépatite C et VIH après accord du patient), radiographie du thorax, intradermo-réaction à la tuberculine, contrôle et mise à jour des vaccinations (en particulier les vaccinations antigrippales et anti-pneumococciques)… On cherchera aussi la présence d'ulcère de jambe, des antécédents de tuberculose, des infections respiratoires récurrentes, une insuffisance cardiaque sévère, une pathologie neurologique (de type sclérose en plaques), une maladie du foie, des antécédents de cancer datant de moins de 5 ans, une consultation dermatologique en cas d'anomalies cutanées suspectes.